Défendre un client, servir la justice : une seule et même exigence

DEFENDRE N'EST PAS NIER
Face à un dossier qui accable, s'arc-bouter sur le déni n'est pas une stratégie : c'est un renoncement. Cela n'honore ni la vérité, ni le client, ni les victimes.
A mon sens, l'avocat pénaliste est un auxiliaire de justice avant d'être un porte-voix. Son serment l'engage à la dignité, à la conscience, à l'humanité — une humanité qui ne s'arrête pas à son client. Contribuer à la vérité, à une peine juste, au respect dû aux victimes : voilà l'ambition la plus haute de la défense, pas sa limite.
Concrètement, cela signifie orienter vers la reconnaissance des faits quand le dossier l'impose, plaider une peine individualisée plutôt qu'un acquittement illusoire, ne jamais fermer la porte au dialogue avec la partie civile. Rien de tout cela n'affaiblit la rigueur : contester une preuve mal recueillie, soulever une nullité, restent des devoirs pleins et entiers.
Accompagner un client vers la vérité, ce n'est pas le trahir. C'est le servir avec lucidité car son intérêt réel, au stade de la peine, rejoint souvent celui de la vérité et des victimes.
Pour autant, quand le doute est plein et entier dans un dossier, ce doute doit profiter obligatoirement à l'accusé car une condamnation sans preuves n'est pas tolérable.

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